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Décrocher du travail : pourquoi le corps ne suit pas

Si vous êtes entrepreneur ou dirigeant, c’est sans doute l’un des sujets qui vous parle le plus quand il est question de votre santé. La charge de travail en elle-même n’est souvent pas le point le plus difficile à porter. Ce qui pèse davantage, c’est l’impossibilité de vous en détacher une fois qu’elle est censée s’arrêter. Le corps est assis dans le canapé, la réunion est terminée depuis des heures, et quelque chose continue de tourner.

Vous rangez peut-être ça du côté du manque de volonté ou d’une mauvaise organisation du temps. En réalité, votre système nerveux ne redescend pas tout seul, même quand toutes les conditions extérieures pour se reposer sont réunies.

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Ce que « ne pas arriver à décrocher » veut dire concrètement

Ça prend plusieurs formes, souvent combinées : penser au travail sans le vouloir pendant un dîner, se réveiller la nuit avec une idée liée à un dossier en cours, ne pas réussir à profiter d’un week-end pourtant sans obligation professionnelle, ressentir une tension physique diffuse dès qu’on n’a rien à faire.

Le point commun à toutes ces situations, c’est que le cerveau continue de traiter des menaces ou des tâches non résolues alors que l’environnement, lui, ne demande plus rien. C’est ce que les chercheurs appellent la rumination cognitive liée au travail : la pensée repasse en boucle sur des situations professionnelles non closes, indépendamment de la volonté de la personne.

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Pourquoi le corps reste en alerte après la journée de travail

Le stress chronique ne fonctionne pas comme un interrupteur qu’on éteint en sortant du bureau. Il repose sur l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, qui régule la sécrétion de cortisol tout au long de la journée. Chez une personne au repos, le cortisol suit une courbe précise : un pic au réveil, puis une décroissance progressive jusqu’au soir. En cas de stress chronique, cette courbe s’aplatit. Le cortisol reste élevé plus tard dans la journée, ce qui maintient le système nerveux sympathique activé alors même que le corps est physiquement immobile.

Ce décalage explique un paradoxe fréquent, souvent décrit comme de l’insomnie liée au stress : être épuisé et pourtant incapable de dormir, ou se sentir sous tension sans identifier de cause précise dans l’instant présent.

L’Observatoire Amarok, premier observatoire dédié à la santé des chefs d’entreprise, fondé en 2009 par le professeur Olivier Torrès à l’Université de Montpellier, suit ce phénomène depuis plus de quinze ans. Ses données les plus récentes montrent que 88 % des dirigeants de PME vivent aujourd’hui en stress chronique, et que seulement 12 % d’entre eux cherchent de l’aide avant d’atteindre un point de rupture, ce que l’on nomme communément le burn-out.

Le baromètre santé des dirigeants de TPE, PME et ETI, réalisé par l’institut Occurrence pour la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur et Bpifrance Le Lab auprès de 1 515 dirigeants au printemps 2025, va dans le même sens : les troubles du sommeil touchent désormais 48 % des dirigeants, en hausse de onze points en un an.

Quand le repos ne répare rien

Le réflexe le plus courant consiste à essayer de vous accorder plus de temps : bloquer une soirée, couper les notifications, partir en week-end. Ces mesures ont leur utilité, mais elles ne suffisent pas si votre système nerveux reste en état d’alerte pendant ce temps prétendument libre. Vous pouvez très bien être en vacances et rester biologiquement en tension.

S’arrêter et récupérer ne sont pas la même chose. Vous pouvez cesser toute activité sans que votre système nerveux repasse d’un état de vigilance à un état de repos réel, ce que les chercheurs appellent le retour au tonus parasympathique. Sans ce basculement physiologique, le temps de repos ne répare rien, même s’il dure longtemps.

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Ce qui aide réellement à faire redescendre le système nerveux

Dans mon accompagnement, le travail porte sur les conditions concrètes de ce basculement physiologique :

→ Identifier le moment précis de la journée où la tension s’installe. Chacun a un schéma différent, et agir à ce moment précis change beaucoup de choses.

→ Travailler la respiration comme un levier direct sur le système nerveux. C’est l’un des rares points d’entrée volontaires sur un système par ailleurs automatique.

→ Restaurer une vraie coupure sensorielle en fin de journée, au-delà de la simple absence d’écran, pour signaler concrètement au corps que la période d’alerte est terminée.

→ Traiter le sommeil comme un indicateur plutôt qu’un objectif en soi : un sommeil qui ne répare pas est souvent le premier signe visible d’un cortisol resté trop haut trop longtemps.

Ce travail ne se fait pas en une soirée. Il suppose de comprendre son propre fonctionnement, ce qui active la tension et ce qui la fait redescendre, avant de chercher à le corriger.

Si vous vous reconnaissez dans ce fonctionnement, j’ai construit une masterclass gratuite de 30 minutes sur ce mécanisme précis : Diriger sans s’épuiser : comprendre et réguler son cortisol.


Sources : Observatoire Amarok, Université de Montpellier (Olivier Torrès) ; Baromètre santé des dirigeants de TPE, PME et ETI, Institut Occurrence pour la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur et Bpifrance Le Lab (2025).

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